{"id":196,"date":"2008-11-27T19:59:05","date_gmt":"2008-11-27T18:59:05","guid":{"rendered":"http:\/\/tituscapulet.org\/weblog\/?p=196"},"modified":"2014-11-12T20:14:59","modified_gmt":"2014-11-12T19:14:59","slug":"speedwriting","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/tituscapulet.org\/blog\/speedwriting\/","title":{"rendered":"Speedwriting #1 &#8211; Photo"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\">Bonjour \u00e0 mes nombreux lecteurs ! J&rsquo;inaugure avec cette entr\u00e9e un concept qui me trotte dans la t\u00eate depuis un certain temps et qui me tient \u00e0 c\u0153ur. Ce concept, c&rsquo;est le speedwriting. Non pas le speedwriting au sens de la fameuse technique de prises de notes bas\u00e9e sur des signes de ponctuations. L&rsquo;id\u00e9e que je me fais du speedwriting, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9criture, en une heure ou deux environ, d&rsquo;un texte. Peu importe le genre, peu importe le style. L&rsquo;inspiration du moment pour seul guide, telle est la r\u00e8gle. Je me doute que ce concept doit d\u00e9j\u00e0 exister, aussi je ne d\u00e9poserai pas de brevet a priori ^^ Par ailleurs, je m&rsquo;inspire des techniques similaires qui existent en dessin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le texte que je vais pr\u00e9senter ci-dessous a donc \u00e9t\u00e9 fait en une heure environ. J&rsquo;ai eu l&rsquo;occasion de l&rsquo;\u00e9crire au cours d&rsquo;un atelier d&rsquo;\u00e9criture, men\u00e9 par un \u00e9crivain, M. Y.C. et je dois dire que c&rsquo;est un environnement tr\u00e8s stimulant pour laisser parler son imagination et ses \u00e9motions du moment. Lorsque l&rsquo;atelier se termine, nous avons la possibilit\u00e9 de lire pour l&rsquo;ensemble du groupe notre \u0153uvre. Je dois dire que j&rsquo;ai h\u00e9sit\u00e9 longuement avant de me lancer pour ce texte, d&rsquo;un genre un peu sp\u00e9cial pour moi, mais je ne regrette pas, ayant re\u00e7u de plut\u00f4t bons \u00e9chos au final !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Place au texte :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">***************************************<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pourquoi un tournesol ? Je n&rsquo;en ai que faire de ce maudit tournesol. Oui, il m&rsquo;a tout l&rsquo;air d&rsquo;\u00eatre fan\u00e9 en plus. Au moins avant tu avais la d\u00e9cence de mettre le tournesol en arri\u00e8re-plan seulement. Maintenant, il n&rsquo;y a plus d&rsquo;arri\u00e8re-plan, il n&rsquo;y a plus qu&rsquo;un plan. A moins qu&rsquo;il n&rsquo;y ait plus de plan du tout. A quand le noir absolu ? Non cela ne te ressemblerait pas. Tu n&rsquo;irais pas jusque-l\u00e0. Tu mettrais sans doute un champ de tournesols. Un plan, un seul, large comme il faut ? Ou alors plein de tournesols, et l\u00e0 il y en aurait des plans ; un premier, un second, un troisi\u00e8me. Je friserais l&rsquo;indigestion. Mais \u00e7a ne te suffirait pas. On pourrait m\u00eame apercevoir le ciel, le plafond serait bas, gris, sinistre, le vent soufflerait et se devinerait \u00e0 travers la courbure des immondes plantes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En d\u00e9pit de tout ce que tu me feras subir, je te chercherai encore et encore \u00e0 travers la photo. Je jurerai t&rsquo;avoir aper\u00e7ue, tant\u00f4t au premier plan, tant\u00f4t quelques rang\u00e9es plus loin. J&rsquo;irai m\u00eame visiter celles que les lois de la physique m&rsquo;interdiraient d&rsquo;atteindre. Je croirai reconna\u00eetre une silhouette. A chaque fois mon c\u0153ur bondira dans ma poitrine. Mais \u00e0 chaque fois tu auras un temps d&rsquo;avance sur moi et tu dispara\u00eetras sans que je puisse te localiser. C&rsquo;est malin de ta part tous ces tournesols. Mais si je continue \u00e0 te poursuivre peut \u00eatre verra-t-on \u00e0 un moment la fin de ce maudit champ.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui elle est l\u00e0 l&rsquo;id\u00e9e. Il me suffit de courir tout droit d\u00e9sormais. Tu ne pourras pas t&rsquo;enfuir par les c\u00f4t\u00e9s, de toute fa\u00e7on ils n&rsquo;existent pas. D&rsquo;un pas alerte d\u00e9sormais, je me pr\u00e9cipite et sans r\u00e9fl\u00e9chir je cours, j&rsquo;affronte les plantes, encore les plantes, toujours les m\u00eames plantes, je me prends des coups mais peu importe, seul compte la ligne d&rsquo;arriv\u00e9e, le moment o\u00f9 j&rsquo;aurai pass\u00e9 cette fameuse derni\u00e8re rang\u00e9e. Elle doit bien exister. Je cours depuis des heures. Je n&rsquo;ai pas aper\u00e7u une trace de ta blonde chevelure. Je suis \u00e9puis\u00e9 mais je ne d\u00e9sesp\u00e8re pas de te rattraper. Les tournesols commencent \u00e0 changer d&rsquo;aspect. Non, en fait ce sont toujours des tournesols, mais quelque chose d&rsquo;\u00e9trange se produit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Oui, \u00e7a y est, j&rsquo;y suis, j&rsquo;arrive au bout de la photo, et tu es arriv\u00e9 au bout de ton stratag\u00e8me. Tu en as eu \u00e0 revendre de tes maudits tournesols. Mais je vois d\u00e9sormais par transparence. Je redouble d&rsquo;\u00e9nergie. Bient\u00f4t je n&rsquo;apercevrai plus rien. Et alors je t&rsquo;apercevrai. Oui \u00e7a y est, la derni\u00e8re rang\u00e9e est franchie. Je m&rsquo;arr\u00eate, je reprends mon souffle. Cette fois-ci tu ne peux plus te cacher. C&rsquo;est la plaine \u00e0 perte de vue. Tu es \u00e0 cours d&rsquo;imagination. En d\u00e9pit de tous tes efforts, tu ne peux pas t&rsquo;\u00e9chapper. Tu le sais. Tu t&rsquo;es m\u00eame r\u00e9sign\u00e9e, je t&rsquo;aper\u00e7ois d\u00e9sormais \u00e0 une centaine de m\u00e8tres devant moi. Tu me dis d&rsquo;approcher. Je n&rsquo;h\u00e9site pas. D&rsquo;un pas d\u00e9cid\u00e9, je m&rsquo;avance. Je distingue bien mieux ta silhouette d\u00e9sormais. Je serai bient\u00f4t \u00e0 quelques m\u00e8tres de toi. Je vois tout d\u00e9sormais. Je croise ton regard et j&rsquo;esquisse un sourire. Toi tu l&rsquo;esquisses depuis longtemps. Pourquoi cet air fig\u00e9 ? Bient\u00f4t je pourrai te toucher et alors tu r\u00e9agiras. M\u00eame si tu ne parles pas, tes gestes le feront pour toi. J&rsquo;approche d\u00e9sormais ma main de ton visage. Je veux simplement pouvoir caresser ta joue. Mes doigts effleurent ta peau. Elle est douce mais si froide. J&rsquo;attends une r\u00e9action. Tu ne bouges pourtant pas. Mais j&rsquo;insiste, je pose mes deux mains sur ton visage, je glisse sur ton cou. Je remarque alors que tu ne portes pas de collier. Cela me rappelle un souvenir. C&rsquo;est cela en effet, tu as oubli\u00e9 ton collier peut-\u00eatre. Mais tu n&rsquo;as pas oubli\u00e9 ta robe. Je ne peux t&rsquo;imaginer plus belle que dans cette tenue. Rien ne peut transcender ta beaut\u00e9 et ton charme davantage. Tu as m\u00eame mis les souliers rouges. Mais qu&rsquo;aper\u00e7ois-je \u00e0 tes pieds ? On dirait quelques photos de toi que tu auras fait tomber par m\u00e9garde. On peut deviner un tournesol dessus. Mais cette fois-ci tu devances le tournesol. Tu souris. Je ne sais pas pourquoi tu as choisi le tournesol. Mais je t&rsquo;associe d\u00e9sormais \u00e0 cette plante. Je ramasse les photos et je les glisse dans ta main. Tu ne r\u00e9agis toujours pas. M\u00eame les photos semblent plus vivantes. Tu n&rsquo;as m\u00eame pas l&rsquo;aspect d&rsquo;une statue. Je commence \u00e0 comprendre. C&rsquo;est bien tout ce qu&rsquo;il me reste. Je n&rsquo;aurai jamais rien d&rsquo;autre. Le vent se l\u00e8ve. Tu te courbes sous sa puissance. Une temp\u00eate approche. J&rsquo;ai du mal \u00e0 tenir debout. Et tu es en train de t&rsquo;envoler devant moi. Dois-je te laisser partir ? Je ne le veux pas. Je te retiens par la main. Mais tu veux partir cette fois-ci. Tu es plus forte que moi. J&rsquo;essaie pourtant de te retenir de toutes mes forces. Rien n&rsquo;y fait. Tu vas m&rsquo;\u00e9chapper. Dans un dernier effort, alors que je sens que tu vas t&rsquo;en aller pour de bon, j&rsquo;arrache les photos que j&rsquo;avais pos\u00e9es dans la paume de ta main. Tu es partie, d\u00e9finitivement. Je reste plant\u00e9 au milieu de la plaine. Je ne sais m\u00eame pas o\u00f9 je suis. Comment pourrais-je savoir o\u00f9 tu es all\u00e9e. Je glisse les photos dans ma poche. Je me retourne, et m\u00eame les tournesols ont disparu.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bonjour \u00e0 mes nombreux lecteurs ! J&rsquo;inaugure avec cette entr\u00e9e un concept qui me trotte dans la t\u00eate depuis un certain temps et qui me tient \u00e0 c\u0153ur. Ce concept, c&rsquo;est le speedwriting. 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